CosmĂ©tovigilance – rapport 2009.
Depuis 6 ans, l’Afssaps a mis en place un système de surveillance et d’enregistrement des effets indésirables dus à l’utilisation des cosmétiques.
Ce pointage systématique permet de répertorier et de centraliser les informations, le but étant de prévenir "ces effets indésirables".
Pour l'instant, seule la France publie ce bilan annuel, mais il devrait être généralisé au niveau européen à l'horizon 2013.
Le bilan Cosmétovigilance vient donc d'être publié par l'Afssaps.
Qui fait remonter les informations sur les effets indésirables des produits cosmétiques?
Dans la majorité des cas, ce sont les médecins.
Détaillons:
- les médecins dermatologues dans 44% des cas ;
- les industriels dans 16% des cas ;
- les CRPV (Centres Régionaux de PharmacoVigilance) dans 12% des cas ;
- les médecins de spécialités autres dans 10% ;
- les pharmaciens dans 7% des cas ;
- les consommateurs dans 4% des cas ;
- les Centres Anti Poison dans un 3% des cas ;
- les infirmiers dans 3% des cas ;
- la DGCCRF dans 1% des cas.
Quelle est la liste des effets indésirables qui ont été répertoriés?
Parmi les 232 effets indésirables:
- 65% étaient des réactions allergiques décalées par rapport à l'application du produit.
- 8% en des réactions allergiques immédiates,
- 3% en des photoallergies retardées,
- 17% en des réactions d’irritation.
Les effets indésirables ne relevant pas de réactions allergiques ou d'irritation de la peau ont été observées dans 7% des cas.
Ces effets indésirables étaient des gènes respiratoires, de l'acné, des colorations de la peau, et une érosion de la cornée.
Quels sont les produits mis en cause?
Les années précédentes, les colorations pour les cheveux tenaient toujours la tête des signalements d'effets indésirables.
Cette année, la donne a changé!
Par ordre décroissant voici la liste des gammes de produits concernés et entre parenthèses le nombre de signalements.
- Produits de maquillages et démaquillage du visage et des yeux (40)
- Produits d'hygiène corporelle rincés (32)
- Produits pour le corps sans rincage (27)
- Crèmes pour le visage (25)
- Teintures pour les cheveux/cils (25)
- Produits solaires (21)
- Tatouages éphémères noirs (18)
- Produits pour blanchir la peau (9)
- Parfum, et eaux de toilette (6)
- Produits de soins pour les ongles (5)
- Déodorants et antiperspirants (5)
- Lingettes cosmétiques (4)
Qui est principalement touché?
Ce sont à 72% les femmes qui sont touchés, les hommes dans 12% des cas, et les enfants dans 16% des cas.
Le rapport ne dit pas si c'est parce que les femmes utilisent plus de produits cosmétiques, ou si c'est parce nous avons la peau plus fragile que nous figurons à une écrasante première place...
Des effets graves?
53% des effets indésirables répertoriés ont été considérés comme "non graves"... mais la perception de la gravité est variable selon que l’on applique un texte de loi ou que l'on est un consommateur... ![]()
Ainsi 12 % des effets indésirables répertoriés ont été classés comme graves selon la définition de l’article L. 5131-9 du code de la santé publique, parce qu'ils ont entrainés soit des hospitalisations (16), des arrêts de travail (5).
Dans 3 cas, le pronostic vital a été engagé, et 4 cas ont entrainé des incapacités professionnelles...
Ca, c'est dans le cadre de loi... si on se place du point de vue du consommateur, ce sont 35 % des effets indésirables repertoriés qui ont été considérés comme graves même s’ils ne répondaient pas aux critères réglementaires…
Source et lien: Vous souhaitez consulter le rapport? Il est au bout de ce lien! (format .pdf)
Discrimination et grossesse: rapport de la HALDE.
Le rapport annuel de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), a reçu 10546 réclamations en 2009, ce qui représente une augmentation des recours de 21% par rapport à 2008.
La moitié de ces demandes concernait le domaine professionnel.
Les deux tiers des cas, les réclamations portent sur le déroulement de carrière, le reste sur l'embauche.
Un tiers des réclamations concerne le secteur public, pour les 2 autres tiers les discriminations professionnelles concernent le secteur privé.
D'une manière générale:
Le premier critère de discrimination reste l'origine (28,5%);
Vient ensuite le handicap et l'état de santé (18,5%),
Les activités syndicales (6%),
Et l'âge (5,5%),
enfin les convictions religieuses se sont invoquées que dans 3% des cas.
Sur les 10546 réclamations reçues, toutes ont été étudiées.
1.752 ont été instruites et 1.043 réorientées vers les institutions ou juridictions adaptées aux besoins.
Les autres réclamations ont été rejetées par la Halde ou abandonnées par les personnes qui avaient déposé la réclamation.
Dans la majorité des cas, l'instruction des dossiers a trouvé une issue sur des règlements à l'amiable, par des médiations, ou de simples rappels à la loi.
212 dossiers sont allés devant les tribunaux, 12 ont été transmis au parquet et 8 ont fait l'objet d'une sanction pénale.
Comme nous l'évoquions en Janvier dernier à l'occasion du début de la diffusion d'un dépliant d'informations pour les femmes enceintes (Mag du 9/01/2010: Discrimination au travail pour les femmes enceintes.), l'année dernière a vu le nombre de recours augmenter de près de 60%.
Non parce que ce type de discrimination est en augmentation, mais parce que les femmes font valoir leurs droits, et saisissent prud'hommes, et HALDE.
Bref, les demandes de recours des femmes pour cause de discrimination due à la grossesse reste marginal, il représente 250 dossiers.
Néamoins, la HALDE poursuit son action d'informations, et diffuse en ce moment un spot télé sans équivoque, sur le thème "flagrants délits"
Focus sur la contraception- rapport de l’Igas.(Partie 1).
Hier, Roselyne Bachelot a annoncé une série de mesures visant à améliorer l'accès et le choix à la contraception, en particulier chez les jeunes filles, et sur le financement/remboursement  de l'IVG pour les établissements pratiquant des avortements.
Ces mesures, sur lesquelles nous reviendrons dans la seconde partie de ce papier, s'appuient sur le rapport de l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) rendu public en Février dernier.
Le rapport de l'Igas sur la contraception (et l'IVG.)[1, 2]
Profil de la contraception en France.
95% des femmes qui ont une activité sexuelle, ont un mode de contraception.
80% de ces modes contraceptifs sont délivrés sur prescription médicale.
La pilule représente 60% de la couverture contraceptive, cette situation est tout à fait particulière à la France.
L'accès à la contraception se fait par l'intermédiaire d'un médecin, à 60% par des gynécologues, et à 39% par des médecins généralistes.
Une couverture contraceptive qui n'est pas à la hauteur de son efficacité théorique:
Une grossesse sur trois n'est pas souhaitée, et dans ce cas, 60% des femmes auront recours à l'interruption volontaire de grossesse.
72% des femmes qui ont recours à l'IVG ont un mode de contraception, et dans 42% des cas, des contraceptifs comme la pilule et le stérilet.
Pourquoi autant de grossesse non désirée, alors que les femmes ont un moyen de contraception?
Que 72% des femmes qui ont recours à l'IVG aient un moyen de contraception est surprenant, le rapport de l'Igas met en avant 3 raisons à ce problème:
- des oublis de pilule.
- des erreurs dans le cycle de prise de la pilule, ou un manque de pratique de l'usage du préservatif.
- des arrêts ou des changements de méthode.
Le rapport met l'accent sur le fait que pour qu'une contraception soit bien suivie et acceptée par les utilisatrices et les utilisateurs, elle doit être comprise et réellement choisie.
Ce choix doit faire l'objet d'une réelle discussion entre l'utilisatrice et le médecin, en pointant les avantages/inconvénients par rapport aux habitudes de vie.
"La prise de conscience que les difficultés persistant pour la maîtrise de la fécondité tiennent moins à un problème d’accès à la contraception qu’à une inadéquation entre les méthodes contraceptives prescrites et les conditions de vie au quotidien, ainsi qu’à une insuffisance d’explication sur les modalités de celles-ci, a conduit les responsables et acteurs de la santé publique à accentuer les efforts dans cette direction." [1 - p36]
De ce constat, la Direction générale de la santé a élaboré une stratégie d’actions en matière de contraception, qui repose sur quatre axes essentiels :
- améliorer l’information du public ainsi que des professionnels,
- agir sur les pratiques professionnelles, tout particulièrement des médecins (généralistes, gynécologues, pédiatres), des sages femmes, mais aussi des pharmaciens et des infirmières scolaires,
- améliorer l’accès à la contraception, notamment pour les mineur(e)s dans les centres de planification ou d’éducation familiale,
- développer les connaissances en matière d’utilisation des moyens contraceptifs.
Autre point important dans ce rapport, le coût de la contraception.
Les coûts de la contraception sont très variables selon les produits et les méthodes choisies.
"Un calcul effectué sur la base des prix de vente moyens et des modalités de
remboursement par l’assurance maladie montre que le montant restant à la charge de l’utilisatrice
peut varier dans des proportions de 1 Ă 100 : d’environ 2 euros par an (pour un stĂ©rilet au cuivre) Ă
quelques 200 euros par an (timbre contraceptif, anneau vaginal, préservatif féminin)." [1, p37]
Le coût initial et les taux variables de remboursement par la Sécurité Sociale orientent les choix vers certaines types de produit.
Les critères économiques finissent souvent par prévaloir sur les autres critères d'adéquation au mode de vie, voire les critères purement médicaux...
Sans parler des inégalités sociales, certains contraceptifs ne pouvant être choisi puisque leurs coûts sont trop importants...
Dans le collimateur de l'Igas: les pilules de 3e génération (30% des prescriptions de contraceptifs oraux)
Je cite, [1,p39]...
"Bien qu’assez largement diffusées (près de 30% des prescriptions de contraceptifs oraux) elles ne sont actuellement pas remboursées par l’Assurance Maladie. Jusqu’à une période récente, les laboratoires concernés se sont abstenus de présenter une demande de remboursement qui, en l’absence de reconnaissance de la supériorité du service médical rendu par rapport aux produits de deuxième génération, les aurait empêchés de fixer leurs prix à un niveau nettement supérieur."
(Hum...)
Permettre un accès aux pilules de 3e génération pour toutes, en permettant leur remboursement, irait dans le sens de l'objectif d'une meilleure adéquation aux besoins pour les femmes qui ne supportent pas les pilules de seconde génération.
L'accès à la contraception chez les jeunes filles.
Le coût de la consultation médicale, le fait que souvent, ces jeunes filles n'aient pas de couverture sociale autonome (confidentialité vis à vis des parents) freinent les accès à la contraception.
-> Il faut leur faciliter l'accès aux centres de planification.
Les centres de planification et d'éducation familiale.
Les centres de planification permettent un accès immédiat, gratuit et confidentiel aux problèmes de contraception pour les jeunes filles et les personnes en difficultés.
Mais il faut les connaître, et y avoir accès!
On note dans certaines zones de France, une très faible concentration de centres de planification et les modes de fonctionnement et horaires d’ouverture n’offrent pas toujours la souplesse requise pour satisfaire aux besoins d’une population contrainte par des
horaires scolaires ou professionnels...
De l'intérêt du Pass Contraceptif proposé par Ségolène Royal fin 2009... mais ça, c'est un autre problème!
... Fin de la première partie...
Sources:
[1] Evaluation des politiques de prévention des grossesses non désirées et de prise en charge des interruptions volontaires de grossesses suite à la loi du 4 juillet 2001. AUBIN Claire , JOURDAIN MENNINGER Danièle , CHAMBAUD Laurent , FRANCE. Inspection générale des affaires sociales. 4 Février 2010.
[2]La prévention des grossesses non désirées : contraception et contraception d’urgence. AUBIN Claire , JOURDAIN MENNINGER Danièle , CHAMBAUD Laurent , FRANCE. Inspection générale des affaires sociales. 4 Février 2010.
Dépistage de la trismomie 21 et DPI: ça brule.
Il y a une semaine, le comité consultatif national d’éthique a rendu un avis sur les questions liées aux diagnostics anténatals (le DPN: diagnostic prénatal, et le DPI: le diagnostic préimplantatoire.) (voir les conclusions résumées en fin de page)
Dans cet avis, le comité consultatif  estime qu’il n’y a aucun obstacle à ce que le dépistage de la trisomie 21, déjà autorisé pour le DPN, soit étendu au DPI.
96 % des trisomies détectées par les DPN conduisent à la décision personnelle du couple à pratiquer une IMG.
La décision du comité d'éthique apparaît comme une suite logique à ce qui se pratique dans les faits, puisque 96% des couples décident d'une IMG (interruption médicale de grossesse) lorsque les dépistages anténatals ont mis en évidence une trisomie 21 de l'enfant à naître.
Ce sont les faits.
A l'heure actuelle, la décision est laissée au libre arbitre et à la libre décision des parents. Sans nier que la pression sociale sur le sujet oriente également le choix de ces parents.
Les lois de la bioéthique.
Les lois de bioéthique sont régulièrement révisées. La dernière révision a eu lieu en 2004, et la prochaine a lieu en 2011, c'est dans ce cadre qu'ont été lancé cette année " Les états généraux de la bioéthique".
Consulter les avis du site des états généraux me permet de préciser le malaise ressenti.
Je relève quelques citations du chapître: " Jusqu'à quel point chercher à avoir un enfant en bonne santé".
Les questions qui font débat:
- Peut-on décider que la vie humaine ne vaut la peine d’être vécue que si l’on est en bonne santé ?
- Si l’on refuse la naissance d’enfants atteints de graves maladies, quelle place accorder aux personnes handicapées par exemple ?
- Faut-il établir une liste de maladies jugées suffisamment graves et incurables pour réaliser un DPI ou pour autoriser une interruption médicale de grossesse après un DPN ?
- Le fait de pouvoir éviter la naissance d’enfants atteints de maladies très graves soulève des inquiétudes : jusqu’où peut-on aller ? Le risque de dérive eugénique fait peur.
Quelques avis des personnes ayant participé aux débats sur le site des Etats Généraux.
France, de Lille: "Le DPN et le DPI aboutissent trop souvent à l'élimination d'embryons porteurs d'anomalies. Ils devraient seulement permettre de soigner les malformations ou maladies que l'on peut traiter."
Consulter son avis.
Benoit de Lyon: " Quelle est la véritable question ? Si le diagnostic prénatal ou préimplantatoire a pour finalité de déterminer s'il faut ou non supprimer l'embryon en raison d'une probabilité de maladie, alors il ne peut absolument pas être bon. Tout homme a droit à la vie. L'embryon n'est pas moins humain que vous et moi. Il doit donc vivre. En revanche, si le même diagnostic a pour but de dépister une maladie dans le but de soigner l'embryon, alors il est véritablement bon."
Consulter son avis.
Marie-Laure d'Orléans: "Poser un diagnostic le plus précocément possible pour pouvoir proposer un traitement ou une prise en charge adaptée est une magnifique ambition à laquelle, en tant que médecin, je souscris pleinement; permettre un vrai accompagnement au discernement des parents confrontés au risque ou à la répétition de maladies génétiques est un défi u'il faut relever .Mais quand il ne s'agit plus de soigner mais de tenter d'éliminer la souffrance des parents, des soignants et peut-être des enfants, alors le diagnostic antenatal devient sélection: les dérives eugénistes sont déjà largement répandues bien que tues."
Consulter son avis.
Les conclusions du comité consultatif national d'éthique: avis 107 du 15 octobre 2009.
- "Le comité consultatif national d'éthique" (CCNE) estime que concernant le DPN et le DPI, la loi de bioéthique fournit un cadre juridique globalement satisfaisant, et qu'il n'y a pas lieu de le remettre en cause.
- "Les préoccupations éthiques relatives à l’appréciation du degré de gravité des maladies trouvent des réponses dans la législation en vigueur : La procédure au sein des Centres pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN) permet que la détermination de la gravité et de l’incurabilité des maladies (dont l’objectivation est confiée à l’expertise médicale) soit tempérée, dans un souci d’humanité, par la prise en compte de la perception par les couples de la gravité de la situation et de leur possible souffrance."
- Le CCNE ne souhaite pas que soit créee une liste des maladies qui pourraient être recherchées lors des diagnostics prénataux. Il y a danger à standardiser une analyse qui pour le moment se passe au cas par cas, et dans le respect du choix des parents. Elle introduirait un caractère discriminatoire.
 - "Dans le cadre d’une FIV motivée par une infertilité et non par des antécédents génétiques familiaux en vue d’un DPI, le CCNE recommande de maintenir la restriction existante et de ne pas effectuer de biopsie embryonnaire afin de rechercher une anomalie. En revanche, tout en continuant à réserver le DPI aux couples ayant des antécédents familiaux, le CCNE recommande de lever l’actuelle interdiction de procéder à la détection d’une trisomie 21 avant de transférer les embryons non atteints de l’anomalie recherchée afin d’éviter le risque d’une trisomie révélée au cours de la grossesse."
[...]
Notre société doit se donner les moyens d'anticiper 3 risques à venir:
- Risque lié à la tentation de privilégier l’élimination anténatale plutôt que la recherche des moyens de guérir les maladies.
- Risque de multiplier des situations génératrices d’anxiété, des arrêts de grossesse précipités et inappropriés du fait des progrès des techniques diagnostiques [...]
- Risque lié à la perte de confidentialité des données biologiques d’un tiers (enfant ou conjoint).
........................................................................................................................
La réflexion sur ce sujet est complexe et nous heurte à des peurs intrinsèques, voire historiques. Ces questions de limites entre ce qui est possible techniquement, et ce qui est souhaitable sont profondes et essentielles, et plus que jamais d'actualité.
Ce n'est pas l'exposé de ces quelques lignes qui feront avancer le débat, mais j'espère qu'il apportera des éléments à nos réflexions personnelles.


Maternéo, le site.