Grève des sages-femmes pour le 18 juin 2010.
Chacune de nous, sur Maternéo, sait combien le rôle des sages-femmes est essentiel dans le suivi de la grossesse, et aux heures si particulières de la naissance.
Au coeur des femmes, il n'est pas rare de penser à elles en disant "ma sage-femme", une petite nuance qui révèle combien leur présence, leur travail nous sont essentiels.
Demain, à l'appel de l'ONSSF (organisation nationale syndicats sages femmes) à la grève que ce soit pour les sages-femmes exerçant en libéral, ou pour les sages-femmes pratiquant en milieu hospitalier.
Pouvoir assurer un travail de qualité est le point d'orgue de la profession de sage-femme.
Prendre le temps, et écouter est essentiel dans le suivi de la grossesse, pour les femmes, les nourrissons.
Or, les sages-femmes travaillant en structure hospitalière font face à des problématiques de rentabilité, avec des cadences et une charge de travail devenant de plus en plus importants au fil des années, sans parler des regroupements des services de maternité en pôles d’accouchements où les conditions de travail ne cessent de se dégrader.
Les sages-femmes libérales, quant à elles, alors que leurs attributions leur permettent depuis juillet 2009 à assurer le suivi gynécologique de prévention, et la réalisation de consultations de contraception (pour les femmes en bonne santé), se voient confrontées à la non (re)valorisation de leurs actes. Augmentation de la charge de travail, faible valeur de leurs actes poussent un certain nombre d'entre elles à ne pas pouvoir assurer la survie de leur activité.
Et c'est bien là que le bas blesse: depuis la publication de la loi HPST il y a 10 mois, la nomenclature des sages-femmes n’a pas évolué, ne permettant pas aux sages-femmes de mettre en oeuvre ces nouvelles compétences, l’Union Nationale des Caisses d’Assurance Maladie (UNCAM) refusant toute négociation.
La lettre-clé SF permettant la cotation des principaux actes des sages-femmes et représentant 90% de l’activité des sages-femmes libérales est bloquée à la même valeur (2€65) depuis 2002 ! (l'ONSSF souhaiterait une revalorisation de la clé à 3 euros.)
23 000 sages-femmes exercent en France dont 3200 en libéral.
Elles peuvent assurer un suivi global, respectueux des usagers et de la physiologie, avec une médicalisation à bon escient de la grossesse et de l’accouchement.
Elles pourraient même assurer leur mission tout en réduisant le coût général des dépenses de santé, en effet, sur les 800 000 naissances, les 2/3 sont pratiquées par des sages-femmes seules. D’autant qu’elles participent activement au retour précoce au domicile après l’accouchement, source d’économie pour la collectivité.
Aujourd’hui l’art de la naissance est en danger!
Le communiqué d'appel à la grève de l'ONSSF:
"Les sages-femmes libérales ont le Revenu annuel annuel le plus bas de toutes les professions de santé y compris les auxiliaires médicaux, alors qu’il s’agit d’une des professions médicales à hautes responsabilité et compétence.
La revalorisation des actes cotés en CG, C et SF a une incidence directe sur la création ou le maintien de postes dans les établissements hospitaliers.
- Accepter que les cotations des principaux actes pratiqués par les sages-femmes n’aient pas été revalorisées depuis 2002, ce qui engendre en plus une baisse du revenu et met en péril l’exercice libéral de la profession n’est plus acceptable !
- Assurer des consultations médicales, obstétricale ou gynécologique, avec le même contenu et responsabilité que le médecin et ce pour 19€ ou 17€ n’est plus acceptable ! (23 euros pour les médecins)
-Que les actes sages-femmes ne soient pas cotés dans les hôpitaux car moins rémunérateurs que l’acte « médecin » n’est plus acceptable !
Toute femme lors de sa grossesse, de son accouchement et de la période postnatale a besoin et rencontre une sage-femme sur son parcours, pourtant notre profession reste invisible au niveau politique et au niveau des médias.
En l’absence de toute prise en compte politique de la situation, et afin de préserver et de défendre une prise en charge optimale de chaque femme, de chaque futur parent, de chaque nouveau-né : la profession n’a pas d’autre recours que de se faire entendre dans la rue.
Nous sommes toutes et tous concernés par ces négociations.
La qualité de la périnatalité est directement menacée."
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Actions!
- Rassemblement Vendredi 18 juin à 10h30, Place de la République à Paris, tout en NOIR, pour marcher vers le Ministère du Budget, quai de Berçy.
- Signez la pétition en suivant ce lien http://petitionsagesfemmes.zigszags.org/
Sources:
Tract pour les usagers et les citoyens de l'ONSSF.
Blocage des négociations conventionnelles des sages-femmes, le 11 juin 2010.
Le site de l'ONSSF.
Le congé maternité des femmes indépendantes révisé au Parlement Européen.
Communiqué de presse du Parlement Européen.
Les Etats membres de l'Union européenne (UE) devraient garantir une protection sociale, y compris une allocation de maternité de 14 semaines minimum, aux femmes qui exercent une activité indépendante et aux conjoints aidants, selon un projet de directive. Il appartient aux Etats membres de décider si cette couverture (comprenant le congé maternité, la maladie, l'invalidité et la vieillesse) doit être obligatoire pour les femmes ou se faire sur une base volontaire.
L'UE est en train de mettre à jour une directive afin de garantir une protection sociale aux femmes exerçant une activité indépendante et aux conjoints aidants. Les épouses ou les partenaires de vie ne sont pas employés mais aident néanmoins les travailleurs indépendants (cas fréquents dans le domaine de l'agriculture, dans les petites entreprises et les professions libérales).
Il appartiendra aux Etats membres de l'UE de déterminer si cette couverture est mise en œuvre à titre obligatoire ou volontaire.
Mais dans tous les cas, une femme enceinte, qu'elle exerce une activité indépendante ou qu'elle soit la conjointe d'un travailleur indépendant, devrait avoir droit à un congé de maternité de 14 semaines, soit le minimum requis selon la législation européenne actuelle sur le congé de maternité.
La mise en place dans chaque état membre de l'Union Européenne.
Le Conseil devrait adopter ces amendements le 7 juin prochain.
Les Etats membres auront ensuite deux ans pour mettre en œuvre ces modifications ou jusqu'à 4 ans « si les Etats membres ont des difficultés à trouver les moyens de garantir une protection sociale aux femmes exerçant une activité indépendante ou aux conjoints aidants ».
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Au sujet du rallongement du congé maternité qui pourrait passer de 14 à 20 semaines au niveau de l'Union Européenne, projet discuté depuis le début de l'année, la date indicative de discussion est fixée à l'heure actuelle au 5 juillet 2010.
Sources:
Sécurité et santé au travail: travailleuses enceintes, accouchées ou allaitantes (modif. directive 92/85/CEE) Parlement européen.
Travailleurs indépendants : vers une protection sociale égale entre hommes et femmes. Parlement européen, session plénière du 17 au 20 Mai 2010.
Communiqué de presse: Le même congé de maternité pour toutes les femmes quelle que soit leur activité. Parlement européen, session plénière du 17 au 20 Mai.

Maternéo, le site.