Le Mag Materneo Actualités grossesse et petite enfance.

27sept/100

Ce qui se joue pour les femmes dans la réforme des retraites.

Le débat est vif sur la réforme des retraites, en particulier sur le sujet de la retraite des femmes.
L'allongement de la durée de cotisation et le recul des bornes d'âge de 65 à 67 ans vont pénaliser les femmes.
Celles-ci ont généralement beaucoup moins de trimestres validés que les hommes; parce qu'elles ont des carrières fractionnées par les arrêts maternité, des contrats de travail plus précaires, des temps partiels beaucoup plus fréquents.
Au delà des carrières fractionnées, une inégalité fondamentale jalonne le parcours professionnel des femmes:  un écart des salaires de 27% entre les hommes et les femmes (tout contrats de travail confondus).
A temps complet, l'écart entre les salaires des hommes et des femmes reste de 20%, et 10% à poste et expérience équivalents.[1, 2]

Je vous propose de regarder ce reportage qui nous donne un bon aperçu de la situation, et de ce qui se joue avec cette reforme des retraites.
A noter, en effet, que l'écart des salaires, et donc des retraites a bien baissé au fil des années entre les hommes et les femmes [selon les chiffres de l'observatoire des inégalites, source 2], mais il reste néanmoins trop important.


Les retraites des femmes en question

Les propositions de la HALDE: [3]
Dans un communiqué à l'AFP, la Halde propose un certain nombre de mesures qui pourraient être examinées (et adoptées!) dans le cadre de la réforme des retraites:
- "La possibilité pour les "personnes à temps partiel de cotiser sur la base d'un temps complet avec participation de l'employeur", une option possible mais peu répandue.
- Prendre en compte les 100 meilleurs trimestres et non les 25 meilleures années pour la détermination du montant de la pension", pour mieux prendre en compte le temps partiel.
- L'ouverture "de la pension de réversion au partenaire pacsé survivant" et non seulement aux couples mariés.
- Maintenir à 65 ans l'âge de départ à la retraite à taux plein pour les personnes ayant pris un congé parental ou pour soins apportés à un enfant ou un parent malade".
- Elle demande aussi une augmentation de l'allocation de congé parental pour le rendre plus attractif pour les pères.
- Et biensûr, le fond du problème: favoriser une plus grande égalité professionnelle entre les femmes et les hommes tout au long de la carrière pour éviter les écarts au moment de la retraite."

Est-ce qu'une taxe est bien suffisante au regard de ce qui se pratique déjà au sein des entreprises vis à vis des personnes handicapées par exemple?
L'examen du texte au Sénat doit débuter le 5 octobre, et les syndicats ont déjà décidé de nouvelles journées d'action des 2 et 12 octobre.

Sources:
[1] Source INSEE - 2008,
[2] Observatoire des inégalités Les inégalités de salaires hommes-femmes : du temps de travail aux discriminations.
[3] Retraites: sans compensation, la réforme va pénaliser les femmes selon la Halde, dépèche AFP 22 septembre.

19mai/105

Le congé maternité des femmes indépendantes révisé au Parlement Européen.

Communiqué de presse du Parlement Européen.

Les Etats membres de l'Union européenne (UE) devraient garantir une protection sociale, y compris une allocation de maternité de 14 semaines minimum, aux femmes qui exercent une activité indépendante et aux conjoints aidants, selon un projet de directive. Il appartient aux Etats membres de décider si cette couverture (comprenant le congé maternité, la maladie, l'invalidité et la vieillesse) doit être obligatoire pour les femmes ou se faire sur une base volontaire.

L'UE est en train de mettre à jour une directive afin de garantir une protection sociale aux femmes exerçant une activité indépendante et aux conjoints aidants. Les épouses ou les partenaires de vie ne sont pas employés mais aident néanmoins les travailleurs indépendants (cas fréquents dans le domaine de l'agriculture, dans les petites entreprises et les professions libérales).
Il appartiendra aux Etats membres de l'UE de déterminer si cette couverture est mise en œuvre à titre obligatoire ou volontaire.

Mais dans tous les cas, une femme enceinte, qu'elle exerce une activité indépendante ou qu'elle soit la conjointe d'un travailleur indépendant, devrait avoir droit à un congé de maternité de 14 semaines, soit le minimum requis selon la législation européenne actuelle sur le congé de maternité.

La mise en place dans chaque état membre de l'Union Européenne.
Le Conseil devrait adopter ces amendements le 7 juin prochain.
Les Etats membres auront ensuite deux ans pour mettre en œuvre ces modifications ou jusqu'à 4 ans « si les Etats membres ont des difficultés à trouver les moyens de garantir une protection sociale aux femmes exerçant une activité indépendante ou aux conjoints aidants ».
----------------------------------------
Au sujet du rallongement du congé maternité qui pourrait passer de 14 à 20 semaines au niveau de l'Union Européenne, projet discuté depuis le début de l'année, la date indicative de discussion est fixée à l'heure actuelle au 5 juillet 2010.

Sources:
Sécurité et santé au travail: travailleuses enceintes, accouchées ou allaitantes (modif. directive 92/85/CEE) Parlement européen.
Travailleurs indépendants : vers une protection sociale égale entre hommes et femmes. Parlement européen, session plénière du 17 au 20 Mai 2010.
Communiqué de presse: Le même congé de maternité pour toutes les femmes quelle que soit leur activité. Parlement européen, session plénière du 17 au 20 Mai.

14mai/100

ChĂ©ri!! je n’ai rien Ă  me mettre!

Robe Bellybutton sur Bébé Story.

Robe Bellybutton sur Bébé Story.

Vous portez fièrement vos 6 mois de grossesse, et vous êtes invitée au mariage de votre cousine cet été, soit à prévoir: un look de femme en toute fin de grossesse.... c'est déjà un challenge...
Mais en plus, parce que la cousine descend par sa mère, de la famille Grand Pezat de Dordogne inférieure du temps des Carolingiens, vous devez trouver LA robe couture qui va bien, et qui fera pâlir les "no-child addict" de la branche dissidente de la famille Petit Pezat...
Croyez-moi, je comprends votre terrible problème qui vous a fait crier ce matin dans votre garde-robe dévastée par un bidon, certes seyant, mais de plus en plus envahissant: "Chéri!! je n'ai rien à me mettre pour le mariage de Maguelone" !

Mesdames, vous êtes sauvées!
Faites appel au service de location de robes de soirées de Bébé Story, ou au même service sur le site  mabonneamie!
Les avantages: vous ne passez pas dix ans dans les magasins, la robe vous va, vous l'avez pour 3 à 7 jours, vous la rendez juste après, et le tout vous coute entre 65 et 100 euros, donc en d'autres termes, vous ne carbonisez pas non plus la CB.
Au final, l'équation est TRES intéressante, et je salue l'initiative de ces 2 sites!

Un beau mariage Mesdames!

19fév/101

La durée du congé parental sera maintenue.

Xavier Darcos, notre ministre du travail, à l'occasion du lancement du "Club Crèches et Entreprises" [1] a annoncé  que la réforme du congé parental souhaitée par le président Sarkozy, n'est pas une priorité immédiate.

La semaine dernière, le Haut Conseil de la famille avait rendu son avis sur ce projet de réforme, le considérant prématuré en regard des efforts à accomplir dans le domaine de la politique familiale.
Ces efforts concernent deux domaines:
1- Créer un nombre de places d'accueil des jeunes enfants suffisants pour que les parents n'aient pas à subir le choix du congé parental. En effet, alors que 6 personnes sur 10 choisissent réellement le congé parental, 4 sur 10 disent le subir faute de mode d'accueil adapté à leurs possibilités horaires ou financières.
Dans les faits, le gouvernement a promis la création de 200.000 places d'acceuil des jeunes entre 2008 et 2012, mais le Haut Conseil de la Famille estiment les besoins à 350.000 places.
2- Créer un accompagnement efficace pour les femmes qui reviennent sur le marché du travail après un congé parental.
"Le consensus existe sur la nécessité d’améliorer la formation professionnelle et l’employabilité des femmes en fin de congé parental", a ajouté le ministre.
L'enjeu est de favoriser un "meilleur repérage" des femmes susceptibles de se retrouver sans emploi à la fin de leur congé parental.
Les Caf (caisses d'allocations familiales) et le pôle emploi auront "un rôle à jouer" dans ce repérage, précise-t-on au Ministère du travail.

Extrait du discours prononcé par Xavier Darcos, le 16 Février, concernant le projet de réforme du congé parental:[2]
"De son côté également, le Haut Conseil de la Famille (HCF) s’est penché longuement sur la question du congé parental et de la prestation familiale l’accompagne, le « CLCA » [complément libre choix d’activité]. En ce qui concerne le raccourcissement de la durée de ce congé, je constate qu’il n’y a pas de consensus entre les membres du HCF[...]. Je ne souhaite donc pas en faire une priorité immédiate.
En revanche, un consensus existe sur la nécessité d’améliorer la formation professionnelle et l’employabilité des femmes en fin de congé parental. Sur ce sujet, je souhaite donc que les pistes dégagées par le Haut conseil de la famille soient rapidement approfondies. Cela nous permettra de nourrir notre réflexion commune pour faciliter le retour des femmes au sein de l’entreprise."

Sources:
Sur le Mag, du 12 Février: Réforme du congé parental: le HCF bloque sur les propositions.
[1] Création du Club Crèches & Entreprises.
[2] Discours de Xavier Darcos. 16 février 2010

8fév/109

Elisabeth Badinter: Le conflit, la femme et la mère.

elisabeth-badinterLe 12 Février prochain sort le nouvel essai d'Elisabeth Badinter: "Le conflit, la femme et la mère".
Le livre n'est pas encore sorti qu'il suscite déjà la polémique, preuve qu'il y a dans son contenu des éléments qui dérangent.

En faisant des recherches préliminaires, puisque le livre n'est pas encore disponible, le titre de l'ouvrage m'a conduit vers un autre ouvrage qui n'a rien à voir à priori mais qui offre dans son synopsis une réflexion qui va bien représenter ce qui va se passer ces prochains jours dans les sphères de la maternité.
Le livre s'appelle: "Le conflit, la négociation et la règle" de Jean Daniel Reynaud (Armand Colin-1999), et voilà l'extrait du synopsis que je souhaitais vous proposer en préliminaire:
"Les hommes font leur histoire et, bien qu'ils ne voient évidemment pas toutes les conséquences de leurs décisions, peut-être même savent-ils qu'ils la font. Ils inventent les règles qui leur permettent de vivre ensemble et d'agir collectivement. Ils les contestent dans le conflit, ils les élaborent dans la négociation, ils s'efforcent de les rendre cohérentes ou du moins de limiter les effets destructeurs de leur incohérence."

Le dé est jeté, passons au pavé dans la mare.

Dans son essai, Elisabeth Badinter s'interroge sur un nouveau conflit entre la condition de femme et celle de mère.
Son propos va en choquer plus d'une, parce qu'elle remet en question, et critique vivement  la maternité telle qu'elle est valorisée depuis ces 30 dernières années en Europe.
Mais elle nous permet aussi de mettre une lumière sur ce que beaucoup de femmes ressentent:
Nous faisons le pari de tout pouvoir concilier : notre vie professionnelle et nos maternités, notre vie de couple et une implication qui se veut sans faille dans l'éducation de nos enfants, mais à quel prix?
Que l'une d'entre nous échoue dans l'un de ses domaines, et nous voilà en pleine tempête.

Le courant qui valorise la famille traditionnelle critique les femmes qui travaillent (l'exemple de l'Allemagne est probablement la meilleure illustration de ce courant). Celles qui ont choisi de rester à la maison sont limite cataloguées « sans intérêt, sans avenir, ou sans existence propre». Les femmes qui ont choisi de ne pas avoir d'enfant sont qualifiées de "nullipares" (lourd de sens).
Quel que soit le choix qu'on ait pu faire, il est plus ou moins remis en question, il est  fragilisé par le choix qu'on pu faire d'autres personnes...

Oui, ce qui va ressortir principalement ces prochains jours vont être des critiques virulentes sur le fait qu'Elisabeth Badinter remet (une nouvelle fois) en question le retour en force du naturalisme – choix qui remet à l’honneur la fameuse fibre maternelle, la réalisation de la femme dans sa maternité.
Nous avons bien conscience de nos choix familiaux ou professionnels et des conflits, des contraintes qu'ils engendrent dans notre vie quotidienne, ou dans notre for intérieur, mais ce qu'Elisabeth Badinter souhaite ne pas oublier, et nous dire aussi, c'est que depuis plus de 20 ans, les femmes sont les plus touchées par la précarité, les plus touchées par le chomâge, qu'il existe toujours une inégalité frappante des salaires entre les hommes et les femmes à poste identique (20% de différence...), et que, les crises économiques que nous traversons de décennies en décennies n'arrangent pas ce constat, notre situation dans l'absolu, n'évolue pas.

Même si on peut vraiment ne pas être d'accord avec tout ce que propose l'auteur, on voit dans son propos la volonté de contester, d'épingler certaines incohérences pour progresser, faire réfléchir et aller plus loin.

Le 11 Février prochain, l'antenne de France Inter consacre une journée à Elisabeth Badinter, cliquez ici pour plus d'informations.
Je sens que la semaine va être haute en réactions!

Edit du 11.02.10


Journée spéciale Elisabeth Badinder - France Inter
par franceinter

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