Le Mag Materneo Actualités grossesse et petite enfance.

29mar/101

Le projet de loi sur l’allongement du congĂ© maternitĂ© rejetĂ© (France).

Le 24 Février dernier, le Mag présentait la proposition de loi européene sur l'allongement du congé maternité soutenue par Edite Estrela.
Parallèlement à cette proposition, Danielle Bousquet, députée PS des Côtes d'Armor, présentait une proposition de loi à l' Assemblée Nationale.
Cette proposition visait à allonger le congé maternité de 16 à 20 semaines (entre autre).
La proposition de loi devait être présentée et discutée jeudi dernier, le 25 Mars, elle a été rejetée, le gouvernement et la majorité à l'Assemblée la qualifiant de "fausse bonne idée".

Pourquoi?
Parce que le coût de cette mesure est évaluée à 3 milliards d'euros ,chiffre annoncé par Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la famille.
Et aussi parce que cette loi renforcerait les inégalités professionnelles entre les hommes et les femmes...

Et au niveau européen...
Alors que le texte devait être voté en session plénière le 25 Mars, lorsqu'on consulte la fiche, on lit: " En attente de la décision du Parlement", et d'après ce qu'on peut y lire, le votre serait reporté en Mai... avec une date indicative.
(le dossier au parlement européen- lien)

Faux bons espoirs aussi...

10mar/100

Discrimination et grossesse: rapport de la HALDE.

Le rapport annuel de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), a reçu 10546 réclamations en 2009, ce qui représente une augmentation des recours de 21% par rapport à 2008.
La moitié de ces demandes concernait le domaine professionnel.
Les deux tiers des cas, les réclamations portent sur le déroulement de carrière, le reste sur l'embauche.
Un tiers des réclamations concerne le secteur public, pour les 2 autres tiers les discriminations professionnelles concernent le secteur privé.

D'une manière générale:
Le premier critère de discrimination reste l'origine (28,5%);
Vient ensuite le handicap et l'état de santé (18,5%),
Les activités syndicales (6%),
Et l'âge (5,5%),
enfin les convictions religieuses se sont invoquées que dans 3% des cas.

Sur les 10546 réclamations reçues, toutes ont été étudiées.
1.752 ont été instruites et 1.043 réorientées vers les institutions ou juridictions adaptées aux besoins.
Les autres réclamations ont été rejetées par la Halde ou abandonnées par les personnes qui avaient déposé la réclamation.

Dans la majorité des cas, l'instruction des dossiers a trouvé une issue sur des règlements à l'amiable, par des médiations, ou de simples rappels à la loi.
212 dossiers sont allés devant les tribunaux, 12 ont été transmis au parquet et 8 ont fait l'objet d'une sanction pénale.

Comme nous l'évoquions en Janvier dernier à l'occasion du début de la diffusion d'un dépliant d'informations pour les femmes enceintes (Mag du 9/01/2010: Discrimination au travail pour les femmes enceintes.), l'année dernière a vu le nombre de recours augmenter de près de 60%.
Non parce que ce type de discrimination est en augmentation, mais parce que les femmes font valoir leurs droits, et saisissent prud'hommes, et HALDE.
Bref, les demandes de recours des femmes pour cause de discrimination due à la grossesse reste marginal, il représente 250 dossiers.
Néamoins, la HALDE poursuit son action d'informations, et diffuse en ce moment un spot télé sans équivoque, sur le thème "flagrants délits"

3mar/106

Proposition de loi de modernisation du congé maternité (France)

Proposition de loi de Mme Danielle BOUSQUET et plusieurs de ses collègues relative à la modernisation du congé maternité en faveur de la protection de la santé des femmes et de l'égalité salariale et sur les conditions d'exercice de la parentalité, n° 1468, déposée le 17 février 2009, et renvoyée à la commission des affaires sociales.

Mme Danielle Bousquet rapporteur le 17 février 2010
Examen du texte au cours de la réunion du 24 février 2010, et examen du texte prévu au cours de la réunion du 25 mars 2010 à 9 heures 30
Discussion en séance publique: jeudi 25 mars 2010.

EXPOSÉ DES MOTIFS.

Mesdames, Messieurs,

Compte tenu de la difficulté toujours actuelle en France d’articuler les temps de vie et les temps professionnels, et malgré la spécificité française en regard de son taux de fécondité à la première place de l’Union européenne, la maternité reste un obstacle à une réelle égalité professionnelle.

La législation française admet aujourd’hui, aux termes de l’article L 1225-17 du code du travail, une période de congé maternité de 16 semaines : « La salariée a le droit de bénéficier d’un congé de maternité pendant une période qui commence six semaines avant la date présumée de l’accouchement et se termine dix semaines après la date de celui-ci. »

Ce congé n’est pas une libéralité laissée par la société aux femmes pour leur convenance. Il s’agit d’une nécessité liée aux implications du travail sur la santé de celles-ci tant en période prénatale, avec en outre les effets potentiels sur l’enfant à naître, qu’en période postnatale, avec les effets de la fatigue voire les implications des actes de chirurgie pratiqués à l’occasion des césariennes. Ce sont ces implications qui ont conduit le législateur à accorder des durées de congés plus longues pour les naissances multiples (article L. 1225-18 du code du travail), ou pour le troisième enfant (article L. 1225-19 du code du travail).

La France ne dispose pas d’une législation des plus protectrices dans l’Union européenne, que ce soit en terme de rémunération ou en terme de durée de congé. Il faut à cet égard remarquer que la durée du congé français est inférieure à celle accordée au Portugal, au Royaume-Uni, en Irlande, en Grèce, en Finlande (18 semaines réservées à la mère et 26 pour le père ou la mère), en Italie (20 semaines) ou au Danemark (28 semaines).

Devant des législations européennes diverses et parfois peu protectrices de la santé des femmes, la Commission européenne a lancé une initiative forte en proposant une directive du Parlement européen et du Conseil portant modification de la directive 92/85/CEE du Conseil concernant la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir l’amélioration de la sécurité et de la santé des travailleuses enceintes, accouchées ou allaitantes au travail [Com(2008) 600/4].

Cette initiative est issue d’un long processus d’évolution depuis la directive 92/85/CEE, qui pose un congé maternité d’au moins quatorze semaines continues. Dans la présentation de sa proposition, la Commission européenne expose qu’« en raison de la vulnérabilité de la travailleuse enceinte, accouchée ou allaitante, il est nécessaire de lui accorder le droit à un congé de maternité d’au moins dix-huit semaines continues, réparties avant et/ou après l’accouchement, et de rendre obligatoire un congé de maternité d’au moins six semaines après l’accouchement ».

La Commission européenne suit, dans sa proposition, l’Organisation internationale du travail, qui recommande l’adoption d’un congé de maternité d’une durée minimale de 18 semaines. Elle propose en outre, dans le point 3 de l’article 1er, de modifier la règle relative à la rémunération accordée pendant le congé maternité, prévoyant le principe de l’octroi du salaire mensuel complet perçu avant le congé maternité. À l’heure actuelle la législation française permet à la salariée enceinte de bénéficier d’une garantie de rémunération pendant la suspension du contrat de travail. Cette rémunération garantie n’est pas un maintien de salaire. Elle est composée de l’allocation journalière prévue à l’article L. 333-1 du code de la sécurité sociale et d’une indemnité complémentaire pouvant être versée par l’employeur, selon les mêmes modalités que celles prévues par les dispositions mentionnées à l’article L. 1226-1 du code du travail.

Il n’existe aucune obligation au maintien du salaire, celui-ci dépendant des accords passés dans le cadre des conventions collectives. Or, nombre de conventions collectives n’accordent pas ce droit au maintien du salaire, notamment dans les secteurs historiquement fortement masculinisés. Il en ressort, dans notre droit national, une source d’inégalités entre les femmes selon les secteurs, tout à fait contraire au principe d’égalité. La maternité peut apparaître comme une sanction financière pour les femmes travaillant dans les secteurs n’ayant pas une convention collective prévoyant ce maintien du salaire.

Il convient aussi de prendre en considération la situation des femmes qui exercent des professions non salariées (chefs d’entreprise, artisans, conjoints collaborateurs) qui ne peuvent actuellement mettre durablement entre parenthèse leur activité au risque de mettre en danger leur entreprise. La législation française apparaît très insuffisante pour permettre à ces femmes de mener à bien leur maternité et vivre pleinement cette expérience. De ce fait, elles se trouvent trop souvent contraintes de reprendre rapidement leur travail, bien avant le terme légalement fixé pour les salariées. Une telle situation n’est pas acceptable. En conséquence, la société doit admettre l’effort nécessaire pour venir soutenir ces femmes.

Au-delà de ces dispositions visant à protéger la santé des femmes et à leur garantir une protection, l’aspiration des parents mérite d’être mieux prise en compte. En effet, les conditions de prise du congé parental d’éducation apparaissent difficiles et empêchent clairement nombre de parents de faire ce choix, principalement du fait de la baisse de rémunération qu’il induit. Il est intéressant à cet égard de regarder ce qui peut se passer dans certains pays européens, comme la Suède, où les couples peuvent partager seize mois de congé de parenté. La France pourrait proposer à tous les couples un dispositif approchant, non obligatoire et alternatif aux formules qui existent déjà pour encourager le partage de l’éducation des enfants. La présente proposition de loi fait ainsi sienne l’idée émise dans un récent rapport de Mme Tabarot au Premier ministre qui expose qu’« un temps de garde parentale est souhaitable dans les tout premiers mois de la vie » et qu’une « implication des deux parents est bénéfique au développement des enfants » (1).

La présente proposition de loi vise à apporter tout le soutien nécessaire à la proposition de la Commission européenne d’augmenter la durée du congé maternité en modifiant dès maintenant la législation française dans le sens demandé par la Commission européenne. Il s’agit en outre d’améliorer les conditions de choix par le père, le conjoint ou la personne vivant maritalement avec la mère de l’enfant ou ayant conclu avec elle un pacte civil de solidarité d’une prise de congé ou non. Celui-ci joue un rôle aussi fondamental dans l’accueil de l’enfant durant les premiers mois de sa vie. C’est ainsi l’amélioration de l’articulation entre la vie professionnelle, la vie personnelle et la vie familiale qui est poursuivie.

Pour voir les 8 articles de la proposition de loi de modernisation du congé maternité, cliquez ici.

Sources:
Assemblée Nationale.
Voir: un congé maternité allongé à 20 semaines, au Parlement Européen.

24fév/109

Un congé maternité allongé à 20 semaines.

drapeau-europeenEn direct ou presque du Parlement Européen.
Voici le communiqué de presse édité hier soir, le 23 Février:

L'allongement du congé de maternité à 20 semaines intégralement payées.
Le congé de maternité minimal dans l'UE devrait être porté de 14 à 20 semaines et être payé en intégralité, estiment les députés de la commission des droits de la femme. Le droit à un congé de paternité payé de deux semaines au minimum a été également approuvé par la commission parlementaire.

Les modifications apportées au projet de réglementation sur la santé et la sécurité des travailleuses enceintes, préparées par le rapporteur, Edite Estrela , ont été adoptées par 19 voix pour, 13 contre et 1 abstention. La législation vise à établir des règles minimales au niveau de l'UE. Les États membres pourront introduire ou conserver les règles existantes qui s'avèreraient plus favorables aux travailleurs que celles de la directive.

Etendre le congé de maternité de 14 à 20 semaines
Les députés européens ont proposé que le congé maternité dans l'UE soit porté de 14 à 20 semaines, 6 semaines devant être prises après l'accouchement.

En octobre 2008, la Commission avait proposé une mise à jour de l'actuelle directive 92/85/CEE et un allongement du congé de maternité d'au minimum 14 à 18 semaines, dont 6 devaient être prises après l'accouchement.
La règlementation relative aux congés de maternité s'applique également aux travailleurs domestiques et aux travailleurs indépendants.

Entièrement rémunéré
Les travailleurs en congé de maternité doivent bénéficier d'un salaire complet, correspondant à 100% de leur dernier salaire mensuel ou de leur salaire mensuel moyen, a fait valoir la commission parlementaire.

Dans son projet de réglementation, la Commission européenne a recommandé le principe du paiement intégral. Toutefois, elle n'a pas proposé un paiement de ce type obligatoire mais a simplement précisé qu'il ne devrait pas être inférieur au taux de paiement des congés de maladie.

Congé de paternité
Les États membres doivent accorder aux pères un droit à un congé de paternité payé d'au moins deux semaines au cours de la période de congé de maternité, stipule le rapport de la commission parlementaire. Jusqu'à présent, il n'existe pas de législation au niveau communautaire sur le congé de paternité.

Les États membres Les États membres qui n'ont pas encore mis en place de congé de paternité obligatoire sont vivement invités à le faire.

Congés dans des situations spécifiques
Ce projet de loi sur le congé de maternité et de paternité devrait également s'appliquer aux parents qui adoptent un enfant de moins de 12 mois, ont fait valoir les députés.

En outre, un congé payé de maternité supplémentaire devraient être accordé dans certaines situations, comme un accouchement prématuré, des enfants handicapés, des mères handicapées, des mères adolescentes, des naissances multiples et des naissances survenant dans les 18 mois après les naissances précédentes.

Droit Ă  l'emploi
La commission des droits de la femme a adopté des amendements visant à interdire le licenciement de travailleuses enceintes du début d'une grossesse jusqu'aux six mois qui suivent la fin de son congé de maternité. Les licenciements intervenant pendant cette période devront être formellement motivés par écrit.

Après un congé de maternité, les femmes doivent avoir le droit de retrouver leur emploi ou un "poste équivalent", à savoir une position équivalente avec le même salaire, la même catégorie professionnelle et les mêmes fonctions qu'auparavant, estiment les députés.

La commission parlementaire a ajouté que les travailleurs ne doivent pas être obligés de travailler de nuit ou de faire des heures supplémentaires au cours des 10 semaines précédant l'accouchement, pendant le reste de la grossesse en cas de problème de santé de la mère ou de l'enfant à naître et pendant toute la durée de l'allaitement. Les travailleurs qui souhaitent être exemptés de travail de nuit doivent en informer leur employeur et présenter un certificat médical.

Rapporteur: Edite Estrela:
Vice-présidente de la Commission des Droits de la femme et égalité des genres au Parlement européen.
Eurodéputée portugaise.

Le vote en plénière aura lieu le 24 Mars.
Source: Parlement Européen.
A lire: la proposition de loi de modernisation du congé maternité déposée à l'assemblée nationale française.

7sept/090

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