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9mar/100

Focus sur la contraception- rapport de l’Igas.(Partie 1).

Hier, Roselyne Bachelot a annoncé une série de mesures visant à améliorer l'accès et le choix à la contraception, en particulier chez les jeunes filles, et sur le financement/remboursement  de l'IVG pour les établissements pratiquant des avortements.
Ces mesures, sur lesquelles nous reviendrons dans la seconde partie de ce papier, s'appuient sur le rapport de l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) rendu public en Février dernier.

Le rapport de l'Igas sur la contraception (et l'IVG.)[1, 2]
Profil de la contraception en France.
95% des femmes qui ont une activité sexuelle, ont un mode de contraception.
80% de ces modes contraceptifs sont délivrés sur prescription médicale.
La pilule représente 60% de la couverture contraceptive, cette situation est tout à fait particulière à la France.
L'accès à la contraception se fait par l'intermédiaire d'un médecin, à 60% par des gynécologues, et à 39% par des médecins généralistes.

Une couverture contraceptive qui n'est pas à la hauteur de son efficacité théorique:
Une grossesse sur trois n'est pas souhaitée, et dans ce cas, 60% des femmes auront recours à l'interruption volontaire de grossesse.
72% des femmes qui ont recours à l'IVG ont un mode de contraception, et dans 42% des cas, des contraceptifs comme la pilule et le stérilet.

Pourquoi autant de grossesse non désirée, alors que les femmes ont un moyen de contraception?
Que 72% des femmes qui ont recours à l'IVG aient un moyen de contraception est surprenant, le rapport de l'Igas met en avant 3 raisons à ce problème:
- des oublis de pilule.
- des erreurs dans le cycle de prise de la pilule, ou un manque de pratique de l'usage du préservatif.
- des arrêts ou des changements de méthode.

Le rapport met l'accent sur le fait que pour qu'une contraception soit bien suivie et acceptée par les utilisatrices et les utilisateurs, elle doit être comprise et réellement choisie.
Ce choix doit faire l'objet d'une réelle discussion entre l'utilisatrice et le médecin, en pointant les avantages/inconvénients par rapport aux habitudes de vie.

"La prise de conscience que les difficultés persistant pour la maîtrise de la fécondité tiennent moins à un problème d’accès à la contraception qu’à une inadéquation entre les méthodes contraceptives prescrites et les conditions de vie au quotidien, ainsi qu’à une insuffisance d’explication sur les modalités de celles-ci, a conduit les responsables et acteurs de la santé publique à accentuer les efforts dans cette direction." [1 - p36]

De ce constat, la Direction générale de la santé a élaboré une stratégie d’actions en matière de contraception, qui repose sur quatre axes essentiels :
- améliorer l’information du public ainsi que des professionnels,
- agir sur les pratiques professionnelles, tout particulièrement des médecins (généralistes, gynécologues, pédiatres), des sages femmes, mais aussi des pharmaciens et des infirmières scolaires,
- améliorer l’accès à la contraception, notamment pour les mineur(e)s dans les centres de planification ou d’éducation familiale,
- développer les connaissances en matière d’utilisation des moyens contraceptifs.

Autre point important dans ce rapport, le coût de la contraception.
Les coûts de la contraception sont très variables selon les produits et les méthodes choisies.
"Un calcul effectué sur la base des prix de vente moyens et des modalités de
remboursement par l’assurance maladie montre que le montant restant à la charge de l’utilisatrice
peut varier dans des proportions de 1 à 100 : d’environ 2 euros par an (pour un stérilet au cuivre) à
quelques 200 euros par an (timbre contraceptif, anneau vaginal, préservatif féminin)."
[1, p37]
Le coût initial et les taux variables de remboursement par la Sécurité Sociale orientent les choix vers certaines types de produit.
Les critères économiques finissent souvent par prévaloir sur les autres critères d'adéquation au mode de vie, voire les critères purement médicaux...
Sans parler des inégalités sociales, certains contraceptifs ne pouvant être choisi puisque leurs coûts sont trop importants...

Dans le collimateur de l'Igas: les pilules de 3e génération (30% des prescriptions de contraceptifs oraux)
Je cite, [1,p39]...
"Bien qu’assez largement diffusées (près de 30% des prescriptions de contraceptifs oraux) elles ne sont actuellement pas remboursées par l’Assurance Maladie. Jusqu’à une période récente, les laboratoires concernés se sont abstenus de présenter une demande de remboursement qui, en l’absence de reconnaissance de la supériorité du service médical rendu par rapport aux produits de deuxième génération, les aurait empêchés de fixer leurs prix à un niveau nettement supérieur."
(Hum...)
Permettre un accès aux pilules de 3e génération pour toutes, en permettant leur remboursement, irait dans le sens de l'objectif d'une meilleure adéquation aux besoins pour les femmes qui ne supportent pas les pilules de seconde génération.

L'accès à la contraception chez les jeunes filles.
Le coût de la consultation médicale, le fait que souvent, ces jeunes filles n'aient pas de couverture sociale autonome (confidentialité vis à vis des parents) freinent les accès à la contraception.
-> Il faut leur faciliter l'accès aux centres de planification.

Les centres de planification et d'éducation familiale.
Les centres de planification permettent un accès immédiat, gratuit et confidentiel aux problèmes de contraception pour les jeunes filles et les personnes en difficultés.
Mais il faut les connaître, et y avoir accès!
On note dans certaines zones de France, une très faible concentration de centres de planification et les modes de fonctionnement et horaires d’ouverture n’offrent pas toujours la souplesse requise pour satisfaire aux besoins d’une population contrainte par des
horaires scolaires ou professionnels...

De l'intérêt du Pass Contraceptif proposé par Ségolène Royal fin 2009... mais ça, c'est un autre problème!
... Fin de la première partie...

Sources:
[1] Evaluation des politiques de prévention des grossesses non désirées et de prise en charge des interruptions volontaires de grossesses suite à la loi du 4 juillet 2001. AUBIN Claire , JOURDAIN MENNINGER Danièle , CHAMBAUD Laurent , FRANCE. Inspection générale des affaires sociales. 4 Février 2010.
[2]La prévention des grossesses non désirées : contraception et contraception d’urgence. AUBIN Claire , JOURDAIN MENNINGER Danièle , CHAMBAUD Laurent , FRANCE. Inspection générale des affaires sociales. 4 Février 2010.

   

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