BisphĂ©nol A: les signaux d’alerte de l’AFSSA.
Le 5 Février 2010, l'AFSSA (l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) a rendu un avis public sur les risques encourus lorsqu'on utilise des produits plastiques contenant du Bisphénol A.
Le bisphénol A (BPA) est utilisé depuis plus de 40 ans, dans de très nombreuses domaines dont les matériaux au contact des aliments et de l'eau.
En 2008, la FDA américaine (Food and Drug Administration) et l'EFSA européenne, en se basant sur les données scientifiques disponibles à l'époque, avaient conclu à l'absence de risque pour les consommateurs dans des conditions normales d'utilisation.
En Octobre 2009, sur la base des études scientifiques sur le BPA réalisées après ce premier avis, l'Afssa s'est autosaisie et a demandé à ses comités d'experts spécialisés d'examiner ces nouvelles études avec attention et d'auditionner le Réseau Environnement Santé.
Les effets du Bisphénol A sur la santé.
Le bisphénol A est perturbateur endocrinien aux effets faibles, mais bien présents. Il peut avoir une influence sur les fonctions endocrines (dans les testicules, les ovaires, le pancréas et les glandes mammaires) et dans l'intestin.
Il se retrouve également suspecté dans différentes maladies comme le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires.
Quelles sont les conclusions de l'avis de l'AFSSA en ce début 2010?
Dans ses conclusions, l'AFSSA ne dit pas que le BPA est dangeureux ou qu'il doit ĂŞtre interdit.
Citation de l'avis: "des effets subtils ont été observés en particulier sur le comportement après une exposition in utero et pendant les premiers mois de vie chez de jeunes rats, amènent l'Agence à poursuivre son travail d'expertise, en lien avec l'Efsa et le réseau international des agences, pour comprendre la signification en terme de santé humaine de ces signaux d'alerte, éclairer le consommateur et permettre aux pouvoirs publics de prendre des mesures appropriées."
Recommandation, et précaution d'usage de l'AFSSA:
- La température augmente la diffusion du BPA dans les aliments.
L'AFSSA recommande "d'éviter de chauffer à très forte température l'aliment (eau, lait, soupes…) s'ils utilisent des biberons ou des récipients en polycarbonate."
Cependant quelle est cette forte température? Est ce que réchauffer un biberon, un plat cuisiné ou une soupe dans un emballage en plastique au micro-ondes entraine la libération du BPA à un seuil qui pourrait être nocif?
La suite des évènements, les actions et les réactions.
La suite des évènements:
Au début du mois d'Avril, l'EFSA (l'autorité européenne de sécurité des aliments) organise une réunion regroupant les contributions et les recherches effectuées au sein des états membres de l'Union Européenne.
Un des buts de cette réunion est de determiner si la dose journalière tolérable (DJT) doit être maintenu telle qu'elle est aujourd'hui, ou si elle doit être modifiée en particulier pour les nourrissons et les bébés, population la plus exposée à l'heure actuelle au BPA via l'utilisation des biberons et de la vaiselle plastique.
Les actions:
Au Etats-Unis, la FDA a émis en janvier 2010 des recommandations adaptées pour les nourrissons, en conseillant le recours exclusif à des biberons sans BPA.
Le Canada a interdit depuis 2008 l'utilisation du bisphénol A dans les biberons et les gobelets pour enfants.
En France, plusieurs municipalités, comme Paris ou Grand Couronne en Normandie, ont déjà déclaré qu'elles remplaçaient les biberons plastiques utisés dans les crèches par des biberons BPA free.
Les réactions:
- Cécile Duflot, tête de liste Europe écologie en Ile-de-France, Secrétaire nationale des Verts, vient de demander le retrait immédiat des biberons contenant du Bisphénol A.
- Une proposition de loi pour interdire le bisphénol A présent dans les biberons sera examinée au Sénat le 24 mars, à la demande du groupe des Radicaux de Gauche.
Aucun trackbacks pour l'instant

Maternéo, le site.
février 11th, 2010 - 15:54
Heureusement, ça se gĂ©nĂ©ralise maintenant, les bibs sans BPA…
Quand-mĂŞme, ça amène Ă se demander quels autres gestes potentiellement dommageables pour nos bĂ©bĂ©s ou nous-mĂŞme on pratique couramment sans le savoir…