« Pas de réforme, pas de sexe ! »
Ca, c'est du titre hein! ;o)
Ce n'est pas une nouvelle datant de quelques heures, parce que cela se passait en Avril/Mai dernier au Kenya. Mais je suis "tombée" dessus ce week-end, en balade sur la toile, alors, je vous livre le manifeste, parce que l'idée de ne pas faire l’amour pour combattre la guerre ne peut venir que des femmes (même si la légende grecque de Lysistrata a été écrite par un homme... mais bon)
La situation politique était catastrophique au Kenya au printemps dernier, président et premier ministre ne se parlaient plus depuis plusieurs mois. Après des éléctions plus que houleuses qui ont causé la mort de centaines de personnes, et qui ont démultiplié les violences envers les femmes et les enfants, le pays est destabilisé par des luttes inter-ethniques.
Se rajoute une sévère sécheresse. "Il n’y a pas assez à manger et le prix des denrées alimentaires devient très élevé, ce qui pénalise en premier lieu les femmes et les enfants" dit Agnès Leina, chargée de programme à la Coalition sur la violence contre les femmes (Covaw).
Les Kényanes, via une dizaine d'associations féminines, se sont regroupées en collectif qu'elles ont appellé G10. Elles sont excédées et très inquiètes de l'inertie de leurs dirigeants qui au lieu de se préoccuper des difficultés du pays, et de la violence qui sourd, se perdent en querelles de protocole et de préséance.
La thérapie de choc qui aura porté ses fruits puisque président et premier ministre ont accepté de se voir 3 fois tant le message de ces femmes kényanes était "impactant". Il faut dire que Ida Odinga, l’épouse du chef du gouvernement a rejoint le mouvement.
« C’est la seule à l’avoir déclaré publiquement mais je suis certaines que d’autres femmes du gouvernement nous ont soutenues », estime Rukia Subow (présidente de Maendeleo Ya Wanawake Organisation (MYWO), la plus ancienne association de femmes du Kenya)
Cette grève a été très médiatisée, elle a eu un impact certain auprès des politiques qui ont accepté de reprendre la communication brisée depuis plusieurs semaines. C'était le but de la manoeuvre, le collectif G10 a donc fêté son succès.
Mais dans les rues kényanes, cet appel à l'abstinence a fait polémique. Le clergé et certaines associations de la société civile ont partagé leurs inquiétudes, accusant le collectif G10 d'essayer "d’utiliser le sexe comme un outil pour agresser les hommes".
Mais... aux grands maux, des grands moyens. Merci Mesdames.
Les articles sources:
Kenya : la grève du sexe, un succès ? sur Beauté d'Afrik.
Grève du sexe au Kenya.
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